Historique de l’Accueil et Reclassement Féminin Œuvres des Gares

1899 – Formation d’un Comité National Français en vue du Congrès de Londres en juin 1899 présidé par le Duc de WESTMINSTER (Comité Français présidé par le Sénateur BERANGER, membre de l’institut).

1901 – M. René BERENGER, sénateur, membre de l’institut fonde l’association pour la répression de la traite des blanches et la préservation de la jeune-fille. Il en devient le Président. Siège social : 10 rue Pasquier à Paris. (12.12.1901 adoption des statuts). 23 décembre 1901 – Le conseil d’administration.

1902 – 18 janvier – Déclaration à la Préfecture de Police (J.O. du 21.01.1902) conformément à la récente loi du 01.07.1901.

1903 – Ouverture de l’asile de CLAMART, 40 rue du TROSY, pour les mineures entraînées pour fraude ou par violence ou en danger moral. (Achat de 35.000 Francs de l’immeuble de Clamart).

1904 – Participation à des réunions internationales à Londres et à Zürich.

1905 – 6 mai – Assemblée générale, création d’une « commission de l’Œuvre des Gares » au sein de l’association. Fondation de l’Œuvre des Gares par Monsieur BERENGER.

1907 – L’accueil fonctionne dans toutes les gares de Paris.

1909 – Octobre - Congrès de Madrid.

1910 – M. René de LABOULAYE succède à M. René BERENGER à la présidence de l’association.

1911 – Transfert de CLAMART au 237 rue du Vieux Pont de Sèvres à Boulogne sur Seine (don de la Baronne Edmond de ROTHSCHILD) – Vente de l’immeuble de CLAMART en 1913, 26.000 Francs).

1912 – 31 mai –Décret de reconnaissance d’utilité publique. (Demande du 29.12.1903)
Union de l’Œuvre des Gares françaises fondée par l’association aux Œuvres des Gares étrangères (en relation avec la création à Neufchâtel de la commission exécutive des conférences internationales des Œuvres des Gares. L’association et Œuvre des Gares ont deux conseils d’administration avec membres communs.

1913 – Congrès de Londres en juillet 1913. Pendant la guerre l’Œuvre des Gares cesse de fonctionner.

1914-1920 – Interruption de l’activité de l’association.

1914 – Les enfants de l’asile de Boulogne ont été transportés au patronage des détenues et des libérées, rue Michel Bizot dans une partie de la maison on y constitue un asile temporaire pour le compte de l’association jusqu’en juin 1918 Boulogne continuait cependant à recevoir.
Vente aux usines RENAULT du « spacieux immeuble » de Boulogne pour 300.000 Francs (le 13.06.1918).
Après la guerre de 1914-1918, « l’Œuvre des Gares et des Ports » devient la manifestation la plus importante de l’association.
1919 – La rupture de l’œuvre des Gares avec l’association est remise en cause en 1919 (fin). Dissoudre l’association Œuvre des Gares et renoncer à l’asile pour enfants (l’association ne pouvant plus faire face à toutes ces charges).
1920 – 24 février – Dissolution pure et simple votée par l’Assemblée Générale de l’Œuvre des Gares et rentrée dans l’association pour la répression de la traite des blanches.

1922 – Le siège de l’association transporté 194 rue de l’université dans l’immeuble de la Société Générale pour le Patronage des libérées jusqu’au 21.07.1941. (Réquisition par les Allemands).

1926 – M. Pierre MERCIER, avocat auprès de la Cour d’Appel de Paris, devient président.
L’association continue de prendre part à de nombreux congrès, d’exercer son activité dans les gares de Paris - collabore avec la protection de la jeune-fille, l’Union Nationale des amies de la jeune-fille et la protection israélite - organise des collectes sur la voie publique.

1937 – Madame de Romanet remplace M. Pierre MERCIER à la présidence.
Ouverture d’une maison d’accueil 94 bis rue Boileau 75016 AUTEUIL (détruite par un bombardement en 1942).
L’Œuvre des Gares a un stand à l’exposition internationale de Paris, stand concédé par le Pavillon des Chemins de Fer.
1939 – 21000 personnes bénéficient de l’aide dans les gares, notamment les réfugiés et les évacués.

1942
– La maison d’accueil est détruite par un bombardement.

1944
– Le foyer se reconstitue provisoirement 40 cité des Fleurs.
Une maison est offerte à l’Œuvre 21 avenue du Général Michel Bizot.

1945 – Madame François de MONTREMY devient présidente de l’association.
La directrice en est Mademoiselle du PONCEAU.
6 décembre – Installation de la maison d’accueil au 21 avenue du Général Michel Bizot, qui servirait aussi d’abri pour les filles-mères et leurs bébés au sortir de la maternité.

1947 – 14 juin – Changement de siège social au 21 avenue du Général Michel Bizot.

1951
– Création à la maison d’accueil d’un hôtel maternel et d’une crèche. (Demande de subvention CAF).
A partir du premier semestre 1950 – Subvention du ministère de la santé publique au titre des prix de journée mais sur les crédits non-obligatoires.

1954
– Projet de budgets établis séparément pour : Le Foyer de reclassement / L’hôtel maternel / La crèche.

1955
– L’association modifie ses statuts et devient « Accueil et Reclassement Féminin, Œuvre des Gares ».
L’accueil et Reclassement Féminin, Œuvre des Gares, est admis à recevoir un prix de jour de la Préfecture de la Seine pour son centre d’hébergement du 21 avenue du Général Michel Bizot ( section « femmes seules » et section « maternelle »).

1956 – L’accueil dans les gares, très ralenti depuis la guerre de 1939 – 1945, reprend à Montparnasse, Austerlitz et Gare de l’Est.
27 avril – Vote de l’agrandissement de la crèche : plus de 10 lits et plus de 4 chambres (pavillon de briques).

1959 – 11 avril – Vote de l’arrangement de 14 chambres mansardées au-dessus de la crèche. (Clair-Matin).

1961 – Création d’un foyer de jeunes travailleuses et scolaires « Clair Matin ». (20 lits).

1964 – Mademoiselle Roland GOSSELIN fait don à l’association d’une maison située à Charenton apportant 14 lits nouveaux pour les « femmes seules ».
Location d’un appartement à Palaiseau : 5 lits de « femmes seules ».

1971 – Madame Philippe de MONTREMY remplace Madame François de MONTREMY à la présidence.

1972 – L’association « Foyer Maternel Baudricourt », 3 impasse Baudricourt, Paris 13ème fait apport d’une maison équipée de 30 lits de « femmes seules », mères et enfants.

1973 – Mademoiselle LECLERC devient Directrice Générale.

1973 – 1979
– L’hébergement des jeunes mères avec un ou plusieurs enfants s’accroît par rapport à celui des jeunes femmes seules, notamment l’accueil d’urgence de mères de deux enfants, dont un nourrisson ou de plusieurs enfants. Ouverture d’un jardin d’enfants.
L’accueil dans les gares se poursuit.

Un bureau s’ouvre à la gare de Lyon à la fin de l’année 1978.

A la fin de 1978 également l’Œuvre est autorisée à louer six appartements dans lesquels seront installées collectivement de jeunes mères et leurs enfants. Elles y feront l’expérience d’une certaine autonomie tout en étant suivies et aidées sur le plan éducatif.
L’association disposera alors d’environ 200 lits.

Ce rapide survol de l’évolution de « l’Œuvre des Gares » permet certaines constatations. A l’origine se trouve la lutte contre la prostitution et la traite des blanches, qui exige d’abord une action concertée sur le plan légal et international.
Très vite apparaît la nécessité d’une action pratique : un « asile » s’ouvre pour recevoir ces jeunes qui ne savent où aller et sont une proie facile – un accueil s’organise dans les gares, terrain de manœuvre traditionnel du proxénétisme.
Suivant l’époque, les besoins constatés, les possibilités de l’association, l’une ou l’autre de ces modalités d’intervention se trouve plus ou moins accentuée.
Depuis la guerre de 39-45 prédomine l’hébergement, forme d’action sociale reconnue comme essentielle, à tel point qu’une loi vient de lui être consacrée.
L’accueil dans les gares a marqué le pas : nous l’avons maintenu (une représentante dans trois gares parisiennes et tout récemment à la gare de Lyon) mais non développé.

L’expérience montre qu’il ne saurait désormais concerner exclusivement les jeunes filles et jeunes femmes isolées, bien que le risque soit encore réel en ce qui les touche, mais constitue une forme d’action sociale particulière destinée aux catégories les plus variées : jeunes filles et jeunes gens, étudiants de tous pays, immigrés, familles, enfants, vieillards, handicapés, etc, …